La méduse d’eau douce Craspedacusta sowerbii figure parmi les espèces invasives les plus largement répandues au monde et est observée dans une vaste gamme de températures.
L’objectif de cette étude est d’analyser la réponse des stades polype et méduse aux variations de température en combinant :
- une expérimentation sur la croissance des colonies de polypes à 19 °C et 29 °C ;
- une modélisation de l’aptitude thermique de l’habitat (Thermal Habitat Suitability – THS) basée sur la tolérance thermique du stade méduse.
Les résultats montrent que :
*le nombre total de polypes et de colonies est plus élevé à température élevée ;
- à 19 °C, les colonies comportent généralement de 1 à 5 polypes, avec une prédominance des colonies de 1 à 3 polypes ;
- à 29 °C, près de 80 % des colonies sont constituées d’un ou deux polypes seulement.
À partir des données publiées sur le rythme de pulsation des méduses, les auteurs ont construit une courbe de performance thermique permettant de prédire l’aptitude thermique actuelle et future de l’habitat (horizons 2050 et 2100).
Les modèles indiquent que :
- l’hémisphère Sud offre des conditions optimales (THS > 0,6) presque toute l’année ;
- dans l’hémisphère Nord, la période optimale se situe principalement entre juin et septembre ;
- les scénarios futurs montrent une extension importante des zones favorables à l’espèce ;
- les conditions optimales progresseraient vers des latitudes plus élevées, jusqu’à environ 60° Nord.
Cette approche combinant expérimentation et modélisation permet d’identifier les conditions thermiques optimales pour les stades polype et méduse et d’évaluer leur potentiel d’expansion future.
