La conservation ex situ : un levier stratégique
Face à l’érosion de la biodiversité aquatique, les aquariums jouent un rôle essentiel dans la conservation des espèces. Les structures membres de l’UCA s’engagent dans des programmes de conservation ex situ visant à maintenir et reproduire des espèces menacées.
Ces programmes permettent de préserver la diversité génétique des populations et de sécuriser certaines espèces en danger critique. Ils reposent sur des protocoles scientifiques rigoureux et une gestion coordonnée des populations.
Les aquariums participent à des réseaux d’élevage internationaux, garantissant une coopération efficace entre institutions. Cette organisation permet d’optimiser les échanges d’individus et d’assurer la pérennité des espèces.


Des actions concrètes pour protéger les milieux naturels
En complément de la conservation en captivité, les aquariums s’impliquent dans des actions de conservation in situ. Ils soutiennent des projets de protection des habitats, de restauration des écosystèmes et de suivi des populations sauvages.
Leur expertise technique et scientifique constitue un appui précieux pour les acteurs de terrain. Ils contribuent à la mise en œuvre de programmes de conservation à différentes échelles, du local à l’international.
Par ailleurs, les aquariums jouent un rôle clé dans la sensibilisation du public. En mettant en lumière la fragilité des milieux aquatiques, ils encouragent des comportements responsable
Les programmes accompagnés par l'UCA
Cap Caouanne
NOM DE LA STRUCTURE : Association Marineland
MONTANT GLOBAL DU BUDGET : 73 000 euros
Aide de l’ UCA : 2500 euros
Résumé
Depuis 2012, l’Association Marineland mène le programme de conservation ObsTortueMed, Observation des Tortues Marines en Méditerranée. Au-delà d’un programme de surveillance des populations en mer au large des Alpes-Maritimes et du Var, ObsTortueMed permet d’améliorer les connaissances sur l’évolution de la structure des populations et sur l’identification des menaces propres à une région particulièrement impactée par l’activité humaine.
La cartographie des données d’observation a permis d’identifier la présence au large de Nice d’un habitat pélagique remarquable pour les tortues marines. 7 sorties en mer ont été réalisées permettant l’observation de plus de 80 tortues. Une trentaine d’échantillons a pu être prélevée, et une balise a été posée sur un mâle adulte dont les déplacements sont actuellement suivis.
Trois années successives de collecte de données permettraient d’établir un état zéro, et six années permettraient de donner des tendances. Dans ce sens, inscrire le projet d’étude Cap Caouanne dans le temps semble primordial.
Objectifs
- Confirmer la présence d’un habitat océanique de tortues marines. Identifier l’utilisation spatio-temporelle de la zone,
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Suivi des populations de tortues marines sur la zone d’étude : identification des espèces, description de la structure de la population, évaluation de l’état de santé, étude du comportement,
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Assurer le suivi télémétrique des tortues marines pour améliorer les connaissances sur les déplacements de l’espèce et identifier les zones éventuelles d’interaction avec les activités anthropiques.
Projet MUSTELUS : Evaluer l’importance de la rade de Brest pour l’émissole tachetée (Mustelus asterias)
NOM DE LA STRUCTURE : Association Pour l’Etude et la Conservation des Sélaciens (APECS)
MONTANT GLOBAL DU BUDGET : 18420 euros
Aide de l’ UCA : 2500 euros
Résumé
L’émissole tachetée (Mustelus asterias) est un requin présent en Atlantique Nord-Est et en Méditerranée. Pêchée sur une grande partie de son aire de distribution, on connaît pourtant mal ses déplacements ainsi que la structure et la taille des populations. L’espèce est considérée comme « quasi-menacée » en Europe et à l’échelle mondiale et « vulnérable » en Méditerranée (UICN).
La rade de Brest, où des regroupements saisonniers de femelles matures sont observés depuis plusieurs années, pourrait jouer un rôle essentiel dans la reproduction de l’espèce. Pour le comprendre, l’APECS collabore avec des pêcheurs plaisanciers, professionnels et des guides de pêche, pour marquer un grand nombre de requins et pour faire évoluer leurs pratiques. Comme la qualité et la quantité des résultats dépendent de la récupération des informations sur les émissoles marquées puis recapturées, il est essentiel de communiquer largement via divers canaux : réunions d’informations auprès des associations de pêcheurs plaisanciers, diffusion d’affiches aux acteurs de la filière pêche sur les façades Atlantique et Manche, publications sur les réseaux sociaux
Objectifs
L’objectif principal du projet Mustelus est de mieux comprendre comment les émissoles utilisent la rade de Brest pour évaluer son importance et comment elle est connectée à d’autres secteurs européens fréquentés par l’espèce en menant un programme de marquage conventionnel. Développer un programme de marquage à long terme mené par des pêcheurs plaisanciers et des guides de pêche afin de collecter des données permettra un travail sur plusieurs axes :
- Améliorer les connaissances sur la biologie de l’émissole tachetée, les changements saisonniers dans sa distribution et ainsi d’identifier les secteurs clé pour sa survie,
- Sensibiliser tous les pêcheurs et les former sur la nécessité de manipuler les émissoles correctement et de les relâcher afin de réduire la mortalité et d’obtenir de nombreuses données liées au marquage,
- Travailler en collaboration étroite avec des organismes de recherche et des gestionnaires pour favoriser la mise en place de mesures de gestion pérennes.
Les opérations tests menées en 2021 et 2022 s’étant avérées concluantes (240 marquages et 16 recaptures signalées), l’association souhaite donner une nouvelle ampleur à ce projet.
Fish Net Madagascar : collecte d’individus pour description de nouvelles espèces en danger d’extinction
NOM DE LA STRUCTURE : Université d’Antananarivo, Faculté des sciences, Département de biologie animale, Laboratoire de biologie des populations aquatiques
MONTANT GLOBAL DU BUDGET : 7210 euros
Aide de l’ UCA demandée : 2500 euros
Résumé
Le projet Fish Net Madagascar se concentre sur l’écorégion 580 (nord-ouest de Madagascar) qui présente un fort taux d’endémisme, en particulier pour les poissons de la famille des cichlidés. La région contient le plus grand nombre d'espèces de poissons endémiques (26) du pays, et de nombreuses nouvelles espèces doivent encore être découvertes et décrites. Le projet se concentre sur le bassin de la rivière Amboaboa, près du village de Marotandrano, une zone clé de biodiversité et le dernier bassin versant connu pour les espèces en danger critique d’extinction Ptychochromis insolitus, Paretroplus gymnopreopercularis et Rheocles derhami, ce qui en fait un habitat essentiel et une priorité pour les efforts de conservation.
Une première aide de l’UCA a permis en 2021 de découvrir une nouvelle espèce du genre Rheocles extrêmement menacé sur l’ile rouge, mais également de déterminé la présence de sous-populations pour les espèces Rheocles derhami et Sauvagella robusta (toutes deux en danger critique d’extinction) dans le même bassin versant. Les premières analyses moléculaires suggèrent un éloignement génétique suffisant pour qu’elles soient considérées comme espèces à part entières. L’aide de l’UCA permettrait la collecte d’individus de ces sous-populations afin de procéder à l’analyse morphométrique et moléculaire dans le but de décrire ces nouvelles espèces.
Objectifs
- Effectuer le prélèvement de spécimens pour la description des nouvelles espèces de Pachypanchax sp. Sofia et les autres identifiées jusqu’ici comme sous-population de Rheocles derhami et Sauvagella robusta.
- Acquérir les premiers éléments sur l’aire de présence et distribution des nouvelles espèces décrites.
- Relever des paramètres environnementaux permettant d’accroitre les connaissances sur les conditions de vie des espèces ciblées. Ces informations peuvent être utilisées ultérieurement pour l’amélioration des conditions d’élevage de ces espèces dans l’optique d’un programme de reproduction ex-situ à des fins de conservations.
- Recenser les pressions.
Inventaire, suivi et élevage des crustacés dulçaquicoles de Madagascar
NOM DE LA STRUCTURE : Acte-Nat : Association de coopération technique et environnementale en faveur de la nature
MONTANT GLOBAL DU BUDGET : 12000 euros
Aide de l’ UCA : 3000 euros
Résumé
Comme le reste de la faune et de la flore de Madagascar, les crustacés dulçaquicoles de cette île ont un fort taux d’endémisme. Ils sont confrontés à une pression toujours plus importante de la population qui les consomme et qui endommage gravement leur milieu de vie. Très peu d’études récentes existent sur le sujet. L’ouvrage le plus complet, (Gibon et al., Biodiversité et biotypologie des eaux continentales de Madagascar, IRD (2001)), démontrait déjà que les connaissances acquises restaient lacunaires sur leur biologie et leurs cycles de développement. Les auteurs alertaient également sur les menaces qui pèsent sur les crustacés dulçaquicoles telles que la déforestation, la surpêche, la pollution et l’introduction d’espèces exogènes qui risquent à court terme, de mener à l’extinction certaines espèces très exposées comme les écrevisses. Le projet consiste à poursuivre le travail engagé dans les années 2000 en y ajoutant les possibilités techniques actuelles en termes d’inventaire et de sauvegarde des espèces aquatiques. Sur la base des données de l’inventaire actualisé, il sera possible d’établir des moyens d’action pour les populations de crustacés menacés de proposer des plans de gestion pour pérenniser les espèces consommées et de déterminer parmi les espèces locales des candidats qui pourraient être utilisés pour l’aquaculture. Le but étant de lutte contre la propagation des espèces de crustacés invasives issues des élevages pour la consommation humaine. Les axes de ce projet se composent de la manière suivante :
- Inventaire avec les procédés classiques et nouveaux (ADNe, gites artificiels…) doublé de la formation des étudiants et chercheurs locaux
- Aquaculture expérimentale à buts conservatoire et alimentaire
La phase 2025 du projet consiste à réaliser 2 missions pour caler les modes d’inventaire de cours d’eau et de lac, débuter la collecte de donnée, poursuivre la formation.
Objectifs
- Le premier objectif de ce projet d’ampleur est d’apporter une aide aux scientifiques malgaches pour sauvegarder les populations de crustacés dulçaquicoles qui sont d’une diversité et d’une richesse exceptionnelles. Il permettra d’initier une dynamique de recherche de connaissance envers les crustacés qui servira pour la mise en place de programmes de sauvegarde mais aussi pour pérenniser des ressources alimentaires indispensable pour la population. Le but n’est pas de réaliser l’ensemble des inventaires mais de réaliser un transfert de connaissances et de techniques par le biais de la Faculté des Sciences de Mahajanga. Cet établissement public prendra en mains l’élaboration des différents programmes d’enseignement et de recherche afin de faire perdurer les actions débutées. Cette structure possède aussi un département d’aquaculture qui a besoin d’être remis en fonctionnement. L’association Acte-nat assure la coordination entre les différents organismes et les scientifiques impliqués. Le Muséum de Besançon assurera l’aide à la mise en place des programmes de sauvegarde. D’autres partenaires pourront participer à ce projet et en particulier les aquariums publics.
- Le second objectif est de créer une banque génétique des crustacés dulçaquicoles de Madagascar afin de réaliser les suivis des populations à terme par ADNe. Ce volet sera réalisé en collaboration avec le MNHN.
Projet Yaku Nawi
NOM DE LA STRUCTURE : SAS FISHIPEDIA
MONTANT GLOBAL DU BUDGET : 10 230 euros
Aide de l’ UCA : 2 930 euros
Résumé
L’Amazonie équatorienne représente 2% du bassin amazonien, elle abrite plus de 870 espèces de poissons sur les 2700 décrites dans le bassin. Pour commencer à entreprendre la protection de cette biodiversité, il est nécessaire d’inventorier et d’apporter de la connaissance sur les espèces présentes.
Le projet Yaku Nawi a pour objectif d'inventorier et de documenter les espèces aquatiques de la région du haut Napo en Amazonie équatorienne afin de créer de nouvelles aires protégées.
L'équipe de Fishipedia collabore étroitement avec une communauté locale de la région de Tena pour coordonner des explorations visant à photographier les espèces dans leur milieu naturel puis à les identifier à l’aide de scientifiques référents.
Les photographies et informations recueillies seront partagées avec Fishbase et dans le cadre de la future publication scientifique de référence sur les espèces d’Amazonie équatorienne, en cours de réalisation par Pedro Jimenez Prado. Des fiches seront publiées sur Fishipedia en deux langues minimum (français, espagnol) de manière à partager l’information auprès des communautés.
Objectifs
L'objectif principal du projet Yaku Nawi est d'établir un diagnostic complet sur la biologie, l’écologie, les menaces et les aspects socio-économiques des espèces aquatiques de la région du haut Rio Napo. En réalisant les inventaires, nous souhaitons accélérer la compréhension des écosystèmes aquatiques pour mieux les protéger.
Plus spécifiquement, les objectifs incluent :
- Inventorier et Identifier les espèces aquatiques de la région (poissons, amphibiens, reptiles, crustacés, mollusques),
- Documenter ces espèces et Publier ces résultats dans une revue scientifique avec le biologiste ichtyologue Pedro Jiménez,
- Comprendre les cycles de reproduction pour favoriser des pratiques de pêche durable,
- Sensibiliser et impliquer les communautés locales à la conservation des espèces et de leurs habitats,
- Renforcer la coopération régionale en matière de conservation aquatique en partageant les données et les ressources avec les acteurs locaux et internationaux. Planifier la conservation des espèces les plus menacées avec des zoos et aquariums publics.


